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mercredi, 13 février 2008

Tempête dans un verre d'eau.

7a49514847ecdbceaddbcfc7a5a281a7.jpgDepuis que l'interview de Carla Sarkozy est accessible sur le site de l'Express, la blogosphère s'est emparée d'un nouveau hochet: la fameuse petite phrase.

"A travers son site Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs?"

Inutile de faire une longue analyse pour dire que, de commentaire outré en protestation virulente, nous assistons à un beau cas d'hystérie collective et de malhonnêteté intellectuelle flagrante. Additionés peut être d'une pincée de procès en sorcellerie.

Relisez la phrase: Carla ne compare pas le Nouvel Obs à la presse collaborationniste et antisémite, comme j'ai pu le lire un peu partout.
Elle se demande quelle ampleur auraient pris les phénomènes de délation et de dénonciation si un media comme Internet avait existé à cette triste époque. C'est tout. Inutile de lui faire dire ce qu'elle n'a pas dit, ou de voir dans cette phrase ce qui n'y est pas écrit. Point barre.

Et dire que ce sont les mêmes qu'on entend protester aujourd'hui, et qui ne se gênent pas pour employer le terme de "rafles" pour les arrestations de clandestins, et qui ont répété à qui mieux mieux l'antienne "Sarko = facho" durant la campagne électorale.

Répugnants hypocrites, và!

 

RoseNoire. 

(Lire aussi le billet du Chafouin sur ce sujet.) 

Trackbacks

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Commentaires

Trés bon billet. Rien à rajouter.

Ecrit par : Falconhill | mercredi, 13 février 2008

Tu m'étonnes! Merci de ce bon sens, pascale. Bon, ça n'empêche pas que carla aurait pu s'abstenir... ça n'a rien à voir, tout de même.

P.S : mon, commentaire n'apporte rien au débat, mais je le mets quand même! cf toréador!

Ecrit par : le chafouin | mercredi, 13 février 2008

C'est un raccourci pouvant être perçu comme hors de propos et maladroit, certes. Mais scandaleux ou imbécile? Non, je ne pense pas.

Cela me rappelle une autre tempête dans un verre d'eau ayant eu lieu récemment chez Embruns. Dans un accès de misanthropie, ce dernier avait dit qu'on aurait dû faire une Shoah appliquée à l'Humanité toute entière, et non à une seule ethnie. Très maladroit et pas de très bon goût, mais il s'en était trouvé pour le traiter de néo-nazi. N'importe quoi.

Ecrit par : RoseNoire | mercredi, 13 février 2008

Je suis d'accord avec toi sur l'hypocrisie de ceux qui parlent de "rafle" quand un clandestin est logiquement expulsé et qui reprochent à Carla Bruni, parce qu'elle est la femme du président honni par ces gens, de faire des amalgames. En revanche, elle aurait pu éviter cette remarque. Non que, comme tu le rappelles bien, elle fasse le lien entre NouvelObs et antisémitisme, mais ce type de rhétorique, très prisé par la gauche "antiraciste", est fatiguant. On agite le spectre de Hitler pour avoir raison. C'est nul.

Ecrit par : Criticus | mercredi, 13 février 2008

Effectivement, je concède le point Godwin sans problème, et je suis la première à dire que cette rhétorique est fatiguante.
Là où je me fâche, c'est que certaines personnes fort habituées de ce genre de pratique s'insurgent - là c'est de l'hypocrisie. Et perso, avant que je n'aille lire l'interview, certains m'ont vraiment présenté la chose comme si Carla avait effectivement dit: Le Nouvel Obs = journal aux relents collabos et antisémites. Et cela, c'est évidemment déformer les faits pour les faire coller à une réalité alternative qui arrange le narrateur. Chose qui s'appelle déformation et réécriture des faits.

Ecrit par : RoseNoire | jeudi, 14 février 2008

Voilà qui démontre bien qu'il n'y a plus de vrai journalisme d'opinion mais des hebdos qui tentent de concurrencer les tirages de la presse pipole.
En modifiant une phrase, on transforme la pensée de l'auteur pour mieux l'assassiner.
Comme plus personne ne lit correctement, la machine à tuer est en route.
Jean Daniel devrait prendre position, c'est la moindre des choses !
Quant au plan comm initié par le cardinal Guéant, poursuivi par Carla avant de se terminer par un Point de Vue & Images, spécial Nicolas chez The Queen avec Carla LVMHisée, il ne va l'aider à remonter dans les sondages.
Heureusement que la V ème République a prévu un Premier Ministre !

Ecrit par : Blanc Cassis | jeudi, 14 février 2008

Merci pour ce billet, RoseNoire...
ce que j'ai lu rapidement sur des blogs - avant d'aller lire l'interview - me parait extrêmement déformé, partisan. Cette interview montre que Carla Bruni est quelqu'un d'intelligent, humble, et un peu dépassée par tout ce bruit médiatique.
Pas de quoi fouetter un chat !
à bientôt !

Ecrit par : LOmiG | jeudi, 14 février 2008

« A travers SON SITE Internet, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si CE GENRE DE SITES avait existé pendant la guerre, qu'en aurait-il été des dénonciations de juifs ? »
Je ne pense pas que l’allusion de Mme Sarkozy était pleinement anodine, qu’elle voulait seulement s’interroger sur l’ampleur qu’aurait pris la dénonciation des juifs si Internet avait existé durant la guerre… Je pense qu’elle a parlé sous le coup de la colère, et qu’elle a voulu sur le coup se venger du mal qu’ils ont bien pu lui faire (et qui se comprend), sinon, pourquoi s’en serait-elle excusé plutôt qu’expliquer ?
Cependant, je suis tout à fait d’accord sur le fait qu’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau, et que ceux qui s’en offusquent sont bien hypocrites…

Ecrit par : Bastogi | jeudi, 14 février 2008

Merci Rose Noire pour ce petit recadrage moins anodin qu'il n'y paraît. Jamais n'insistera-t-on assez sur le caractère pernicieux et pervers de l'argument Ad Hitlerum. Certes ce qui se passe dans la presse pipole autour du couple Sarkozy relève selon moi du non-évènement. Ce qui est important est ce que tu soulignes. Ce sont les mêmes qui fustigent l'émanation Godwinienne de la belle Carla et qui utilisent l'ombre du Führer en guise d'arguments précisément lorsqu'ils en sont dépourvus.

Ecrit par : Alexis | jeudi, 14 février 2008

Moui, je ne suis pas convaincu. Déjà de l'interprétation quant à cette phrase : "ce genre de sites" renvoie clairement au site du Nouvel Obs. Et puis, franchement, on ne voit pas ce que ça vient foutre ici.

Sur le reste de ton argumentation, il n'y a rien à comparer entre Carla Bruni et les sans-papiers ...

Mais plus encore, ça m'amuse le procès en hypocrisie. Qu'aurais-tu écrit si Carla Bruni était la compagne de Hollande ? Qu'aurais-tu écrit si cette phrase avait été prononcé par Ségolène Royal ? Tu aurais parlé de point Godwin, j'en mets ma main à couper.

Et donc, ce que tu reprocherais à n'importe qui, dont aux gauchistes, et à tous les autres, ceux qui utilisent le terme "rafle", tu ne pourrais le reprocher à Carla Bruni ? Je trouve cela un peu hypocrite également ...

Ecrit par : Lancelot | jeudi, 14 février 2008

@Blanc Cassis: J'ai effectivement l'impression que le "vrai" journalisme est de plus en plus difficile à trouver. A partir du moment où la une de journaux autrefois sérieux devient le reflet de la presse people, il y a de quoi vraiment se lamenter.

@Lomig: c'est effectivement le sujet de mon billet: la déformation des propos. Le problème ici n'est pas vraiment que Carla ait dit ceci ou cela...mais bien que cà soit répété de façon sciemment déformée.

@Bastogi: ce que tu dis est effectivement mon interprétation de ce non-évènement ;-)

@Alexis: exactement. L'exemple le plus lamentable que j'ai vu à se propos se trouve sur le concentré de haine primaire que constitue le site satirique Sarkostique. Un de leurs derniers billets joue la vertu outragée en fustigeant Carla et son point Godwin. Alors que sur ce site et son forum se trouvent régulièrement des photomontages représentant Sarkozy sous les traits de Pétain, ou d'un officier SS. L'hôpital qui se fout de la charité.

@Lancelot: ce que j'aurais écrit? Tu n'en sais rien, et méfie-toi en mettant tes mains en jeu. Interpréter ce qu'on pense que l'autre pense relève d'une marge d'erreur très importante. On est même carrément dans le paranormal.
Tu ne me connais qu'à travers mes billets - qui sont souvent satiriques et où je force fréquemment le ton. Autant dire que tu ne me connais guère, et que mes opinions politiques sont sans doute nettement moins caricaturales que ce que tu as l'air d'imaginer.

Ecrit par : RoseNoire | jeudi, 14 février 2008

Intepréter relèverait du paranormal ? Parce que je lis tous les articles de tel ou tel éditorialiste, je ne peux imaginer, supposer, ce qu'il pense et ce qu'il écrirait sur tel ou tel sujet ? Je pense, et même si la blogueuse est différente (et même si nous nous connaissons "en vrai") de la personne, que je peux me faire un avis sur ce que tu écris, et avoir une idée sur ce que tu penses. Ca s'appelle de l'analyse de texte.

Mais tu préfères rebondir sur cela que sur le fond. Peut-être justement parce que je ne suis pas loin de la vérité ...

Ecrit par : Lancelot | jeudi, 14 février 2008

Le fond? Voyons...

Ne déforme pas mes propos: je concède le point Godwin, je reconnais aisément que cette phrase est maladroite. Ce n'est pas le sujet de mon billet. Ceux que j'attaque sont ceux qui déforment le propos en déclarant "elle a dit que le Nouvel Obs était un journal antisémite". Relis-moi, je ne dis pas autre chose.

Quant au procès en hypocrisie, cela peut t'amuser si tu le souhaites, mais je le maintiens. Les antisarkos primaires qui ont passé des mois à comparer Sarko aux Nazis et à Pétain à coups de billets, blogs, forums et bidouillages Photoshop, et qui s'offusquent maintenant de ce qu'a dit Clara...oui ils me font marrer, oui c'est de l'hypocrisie, et oui ils me dégoûtent.

Ecrit par : RoseNoire | jeudi, 14 février 2008

Ce qui est fatigant, c'est même de devoir prendre la défense de cette femme qui :

- a eu tort d'insinuer (si si , pascale, elle le fait...) que le nouvel obs, avec de telles méthodes, n'aurait pas été loin de dénoncer des juifs sous la seconde guerre mondiale; effectivement cela rappelle les méthodes de son "camp" d'adoption.
- se venge ainsi à peu de frais de l'injure que cet article lui a faite.

Mais le fond, c'est quoi? Le fond, c'est qu'un article odieux et sans aucun fondement est sorti sur le site internet du nouvel obs. Une info non sourcée, peu fiable, et qui n'a aucun intérêt politique. Carla a donc raison, deux fois, trois fois, quatre fois raison de rabattre le caquet à ces faux-journalistes. c'est ça, le fond de l'histoire.

Ecrit par : le chafouin | jeudi, 14 février 2008

j'aime beaucoup Lancelot, mais les procés d'intention me fatiguent au plus haut point.

Les "je suis sur que tu aurais pensé ça" sur tel sujet, c'est quand même assez limite, non ? Les "je ne suis peut être pas loin de ce que tu penses vraiment", je trouve ça un peu moyen.
Et fatiguant, car que peut on répondre à quelqu'un qui pense savoir ce que tu penses derrière ce que tu écris, et qui te critiques non pas sur tes écrits ou sur ce que tu es vraiment, mais sur ce que lui est persuadé que tu penses et que tu écrits ?

Pas un commentaire dirigé contre un copain de blog que j'aime beaucoup, mais plus contre une généralisation de ce type d'argumentation fondé sur des procés d'intention et sur des "délits de sales pensées", présumément coupables de penser tel ou tel truc. Parce que y a rien à répondre contre ça, et c'est vraiment, vraiment, fatiguant...

Sinon je redis, je valide totalement le billet de Rose Noire. Ajoutant que Carla Bruni, qui fut une icone d'une certaine gauche il n'y a pas si longtemps, peut également être criticable (et critiquée) pour les propos que stigmatisent, à juste titre, Rose Noire.

(Qui ne parle pas pas de François Hollande d'ailleurs)

Ecrit par : Falconhill | vendredi, 15 février 2008

@Chafouin: globalement d'accord avec ton commentaire.

@Falcon: ah oui, le procès d'intention...assez classique. Les faits objectifs et objectivables...et l'interprétation que certains, dans leur lucidité ô combien grande, pensent en avoir. Vaste débat.
C'est un phénomène classique à partir du moment où on affiche une opinion politique. Les gens vous font entrer dans une petite boîte où se trouvent tous les clichés supposés coller à ladite étiquette, alors qu'il y a autant de façons d'être de droite, de gauche, du centre...que d'individus. Et de là, ils s'arrogent le droit de prétendre savoir ce que vous penseriez dans telle ou telle circonstance. Ouais ouais, MDR!

Mais pour en revenir à cette interview, je vais faire dans le people 2 minutes et dire qu'il est dommage que cette polémique que je juge assez sur-gonflée occulte le reste de l'interview. Il se trouve qu'à travers ses dires, je trouve que Carla donne une image d'elle assez intelligente, honnête et fine.

Ecrit par : RoseNoire | vendredi, 15 février 2008

Amusante, non la remarque de BlancCassis sur le rôle du premier ministre. Quand il a été choisi, Fillon paraissait pâle, une doublure, à peine un directeur de cabinet.
Et le voilà devant son patron dans les sondages.

Ecrit par : KeyserSoese | vendredi, 15 février 2008

@KeyserSoese: bien vu. En fait, je l'aime bien Fillon, et je n'ai jamais cru à l'image du personnage falot et sans grande personnalité. Il pilote des Formule 1 en amateur, et pour faire ce genre de chose il faut et le goût du risque et des nerfs d'acier.
C'est assez normal que l'opinion publique, pour le moment lassée des excès de Sarkozy (omniprésence, exposition de la vie privée), tourne ses faveurs vers Fillon qui offre par contraste une image calme, rassurante.

Je pense aussi que cette popularité du 1er ministre + impopularité du président peut signifier que l'opinion publique n'est en fait pas hostile aux réformes gouvernementales, mais bien dubitative quant à la personnalité et le style de gouvernance de la personne qui les propose (Sarkozy).

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si ces derniers jours Sarkozy fait un peu plus profil bas, et qu'on voit beaucoup plus François Fillon. Ils essaient de corriger le tir question image.

Ecrit par : RoseNoire | vendredi, 15 février 2008

oui mais c'est atypique comme situation. D'habitude le Président plane et le premier ministre fait figure de fusible et endosse l''impopularité. Ce fut ainsi en tout cas avec Barren Mauroy, Fabius, etc.
Et dire que FIllon a laissé entendre qu'il était favorable à la suppression de ce poste.

Ecrit par : KeyserSoese | vendredi, 15 février 2008

C'est vrai. Mais Sarkozy est un président atypique, il y a eu une présidentialisation certaine de l'exercice du pouvoir. Dans le couple exécutif président/1er ministre, c'est désormais Sarkozy qui a voulu s'imposer en première ligne.
Il attire donc toute l'attention, mais aussi toutes les critiques puisqu'en se mettant ainsi sur le devant de la scène, il n'a aucun fusible - rôle qui était auparavant joué par le 1er ministre.

Ecrit par : RoseNoire | vendredi, 15 février 2008

En attendant les réformes se font quand-même, petit à petit, c'est comme ça qu'elles sont le mieux acceptées, encaissées, digérées par la population. Et si telle ou telle loi ne passe pas dans son intégralité initiale, ce n'est pas grave, on y reviendra plus tard. En été, par exemple.
En attendant, les français vont peut-être voter à gauche aux municipales, la belle affaire, et ce qui me débecte, ce sont les principales raisons de ce futur et possible "vote sanction":
1 Sarko montre trop sa bite (désolée mais c'est ça en fait, c'est de l'exibitionnisme).
2 Le pouvoir d'achat.

Que de bruits.

Ecrit par : Mononoké | samedi, 16 février 2008

Un petit passage, et toujours le même vif plaisir à lire la pertinence de tes analyses (quel que soit le côté où penche le fléau de la balance dans mon cas...).

Quoiqu'il en soit, si j'entends pleinement ton analyse textuelle, il serait certainement d'autres termes qu'elle (Carla!) a pu choisir d'utiliser -"désinformation", si je ne m'abuse, par exemple- en vue de prendre la défense de Sarko.

Jusqu'à preuve du contraire, je suis un fervent défenseur de l'idée que la vie privée de nos dirigeant -à quelque niveau qu'ils (elles) soient- les regarde.
Si certains font le choix d'orchestrer la leur de manière très médiatique (et je ne suis pas certain que les échos people sortent à des moments anodins de la vie politique!), s'étonner ensuite qu'il puisse y avoir un retour de flamme, ma foi...
Soit, c'est de la naïveté (à ce point, c'est dérangeant de la part du Chef de l'État!); soit, c'est une malhonnêteté intellectuelle (et ça ne me dérange pas moins!).

Aux dernières nouvelles, traditionnellement, en Europe, la vie privée de nos dirigeants les concerne seuls.
Quand cette vie privée est exposée au vu et au su de tou(te)s et que c'est manifestement délibéré, il me semble que l'on joue là le jeu de la non-information.
Ce genre de non-information qui vient littéralement noyer tout le reste (l'info politique, par exemple) devient alors un voile assez étrange qui a des relents de désinformation.

On peut certainement argumenter qu'après tout le citoyen n'a qu'à faire le tri...
Ben tiens, quand on cherche surtout à "libérer du temps cerveau" (ou quelque chose d'approchant) du même citoyen, il ne faut pas s'étonner qu'il en redemande; et par là-même, que la presse cherche à lui en servir encore...

Quant à la question des clandestins, il serait peut-être bon de ne pas oublier le fossé énorme qui existe entre l'orchestration qui en est faite dans le discours politique et la réalité des chiffres (sans même tenir compte de la courbe démographique qui tendrait à s'infléchir dangereusement en Europe et, dès lors, d'une autre réalité en termes de nécessités!).

On peut faire le choix du "mythe des trois singes"; dans ce cas, on ne tiendra aucunement compte des déséquilibres de plus en plus dramatiques qui s'exercent au détriment de certaines régions du monde.
On ne tiendra pas plus compte, sans doute, du fait qu'en terme stratégique (politique et économique) ce ne sont certainement pas des instances comme le FMI, la Banque Mondiale, les Institutions européennes, etc (pas plus que nos dirigeants, d'ailleurs!) qui cherchent à changer grand chose à cette situation.

Non, en effet, on ne peut pas dire que Sarko soit responsable de la gestion désastreuse ces soixante dernières années des projets de développement. (pour ne tenir compte que de cette partie émergée-là de l'iceberg)
Il n'est rien d'autre qu'un énième maillon dans une chaine.
Un certain élitisme (à échelle humaine!) peut avoir du bon, c'est extrêmement vrai; mais cela donne de biens meilleurs résultats quand on envisage un bien commun général.

On parle dans ce cas de relations win-win (pour reprendre un jargon cher aux financiers).

Enfin, pour en revenir à Sarko, la question du "devoir de mémoire" est assurément très importante.
Là aussi, cependant, il peut être assez délicat de savoir sur quelle mémoire on va faire le choix d'insister plus particulièrement; à fortiori si l'on agite un spectre tellement énorme qu'il vient occulter d'autres "détails" de la mémoire qui ne méritent pas moins d'être conservés.

Il me semble, sur ce point, que la Shoah est bien évidemment un évènement qu'il n'est pas question d'oublier.
S'en servir comme d'un polichinelle pour occulter d'autres évènement ne me semble pas vraiment adéquat.
A moins que le "devoir de mémoire" ne choisisse de retenir aussi d'autres moments (massacre de Sétif, 17 octobre 1961, les essais nucléaires dans le Pacifique, ...).

Un "devoir de mémoire" qui ferait l'impasse sur bien d'autres choses (même terriblement gênantes) risquerait, à terme, de se voir banalisé.

Ce serait catastrophique...

Be seeing you!

Ecrit par : J. | mercredi, 20 février 2008

Rose,

Je viens de retrouver un charmant petit poème (enfin, je trouve) auquel l' image de votre diablotine me faisais penser. Prenez-le comme une forme d' hommage.


LE DOIGT DE LA FEMME

Dieu prit sa plus molle argile
Et son plus pur kaolin,
Et fit un bijou fragile,
Mystérieux et câlin.

Il fit le doigt de la femme,
Chef-d'oeuvre auguste et charmant,
Ce doigt fait pour toucher l'âme
Et montrer le firmament.

Il mit dans ce doigt le reste
De la lueur qu'il venait
D'employer au front céleste
De l'heure où l'aurore naît.

Il y mit l'ombre du voile,
Le tremblement du berceau,
Quelque chose de l'étoile,
Quelque chose de l'oiseau.

Le Père qui nous engendre
Fit ce doigt mêlé d'azur,
Très fort pour qu'il restât tendre,
Très blanc pour qu'il restât pur,

Et très doux, afin qu'en somme
Jamais le mal n'en sortît,
Et qu'il pût sembler à l'homme
Le doigt de Dieu, plus petit.

Il en orna la main d'Eve,
Cette frêle et chaste main
Qui se pose comme un rêve
Sur le front du genre humain.

Cette humble main ignorante,
Guide de l'homme incertain,
Qu'on voit trembler, transparente,
Sur la lampe du destin.

Oh ! dans ton apothéose,
Femme, ange aux regards baissés,
La beauté, c'est peu de chose,
La grâce n'est pas assez ;

Il faut aimer. Tout soupire,
L'onde, la fleur, l'alcyon ;
La grâce n'est qu'un sourire,
La beauté n'est qu'un rayon ;

Dieu, qui veut qu'Eve se dresse
Sur notre rude chemin,
Fit pour l'amour la caresse,
Pour la caresse ta main.

Dieu, lorsque ce doigt qu'on aime
Sur l'argile fut conquis,
S'applaudit, car le suprême
Est fier de créer l'exquis.

Ayant fait ce doigt sublime,
Dieu dit aux anges : Voilà !
Puis s'endormit dans l'abîme ;
Le diable alors s'éveilla.

Dans l'ombre où Dieu se repose,
Il vint, noir sur l'orient,
Et tout au bout du doigt rose
Mit un ongle en souriant.


Victor Hugo

Ecrit par : Erick | jeudi, 21 février 2008

J.

Pour un devoir de mémoire "en plus", vous auriez au moins pu d' abord penser aux victimes du communisme.

Ecrit par : Erick | jeudi, 21 février 2008

Erick,

Ma liste n'était en rien exhaustive, déjà; par ailleurs, si cela ne me pose aucun problème d'envisager AUSSI un "devoir de mémoire" relatif aux victimes du communisme, je ne suis pas certain de percevoir la pertinence du "d'abord".

Cela dit, je pense que ce sont les cours d'histoire -"tout simplement"- qui méritent d'être objectifs et ce de la façon la plus large qui soit .
La Gauche ET la Droite ont chacune leur charge de "cadavre dans les placards" qui mérite non d'être soldée mais reconnue. (s'occuper des victimes, c'est une chose nécessaire, évidemment; il ne faudrait cependant pas "oublier" de s'occuper des enfants des bourreaux si l'on espère avancer autrement qu'à refaire les erreurs du passé!)

Quant au projet de société lui-même, je ne suis pas convaincu qu'il existe UNE et UNE SEULE bonne réponse (je déteste les dogmes!).

Cordialement, donc! ;->

Ecrit par : J. | jeudi, 21 février 2008

@Mononoké: que la tendance actuelle de la majorité des gens soit à se focaliser sur la forme et non sur le fond me paraît une évidence. Beaucoup de gens préfèrent passer du temps à commenter les cancans du café du commerce plutôt que de se lancer dans des analyses de fond. On peut le déplorer, mais c'est ainsi.

@Erick: merci pour le poème. Je ne le connaissais pas...
Pour ce qui est du devoir de mémoire, ou plutôt des devoirs de mémoire, je pense qu'il est en effet important de rappeler quelles sont les conséquences de tous les totalitarismes. Qu'ils soient de gauche ou de droite d'ailleurs.

@J: Pour ce qui est de la vie privée de nos dirigeants, je rejoins tout à fait ton analyse. L'attitude de Sarko à cet égard m'exaspère, et le jugement que j'en ai n'est pas très différent en substance de celui que la gauche en fait.

Lorsque je parlais de clandestins, je parlais non pas du phénomène de l'immigration clandestine, mais de ce que j'estime être un abus de langage fait par ceux qui emploient le terme de 'rafle'...amalgame de sinistre mémoire s'il en est.
Mais s'il fallait évoquer le phénomène de l'immigration clandestine, je pense qu'un billet n'y suffirait pas tant ce sujet touche à des problèmes géo-politiques et géo-économiques dont l'analyse globale dépasse mes compétences.

Le fait que certains malheureux fuient leur pays pour des raisons politiques ou économiques (ou les 2) doit certainement être analysé via un prisme moins réducteur que les 2 cas extrêmes consistant à soit accueillir tout le monde sans distinction, soit expulser à l'aveugle pour faire du chiffre ou du quota, sans aucune considération éthique.

Le problème est également que ce style de sujet sensible est souvent pris en otage pour des raisons cyniquement idéologiques, tant par la gauche que par la droite. Et donc sans aucune considération pour l'humain, le but étant simplement d'attirer les bulletins de vote, et de laisser ces gens dans leur M... une fois les élections passées. Un peu comme les banlieues, d'ailleurs.

Ecrit par : RoseNoire | jeudi, 21 février 2008

CQFD, en quelque sorte (...)
Hors de certains cadres plutôt "techniques" qui chercheraient à vouloir déterminer encore aujourd'hui une différence idéologique profonde entre la Gauche et la Droite, sitôt que l'on s'appuie sur des questions très humaines, le débat se fait en commun, avec intelligence et respect.
Merci, encore une fois ;->

Ecrit par : J. | vendredi, 22 février 2008

J.

"D' abord" pour la simple raison que la criminalité communiste est au moins à mettre au niveau du nazisme : elle a été aussi massive et, de Lénine/Staline à Castro (pardon, Danielle) en passant par Mao et Pol-Pot, encore plus étendue dans le temps. Les faits que vous cités sont en outre d' une "inspiration" quelque peu différente.

Ecrit par : Erick | vendredi, 22 février 2008

Erick,

Loin de moi l'idée de vouloir entrer dans quelque débat qui soit pour savoir qui aurait fait pire que l'autre (en fait, cette comparaison-là ne m'intéresse aucunement); par contre, je suis convaincu que le "devoir de mémoire", lui, est nécessaire; peu importe que l'inspiration soit de Gauche ou de Droite, ce n'est pas le propos.

Quant au fait qu'une "inspiration" serait différente, cela viendrait-il minimiser l'horreur?

Il y a certainement des ampleurs différentes; mais au bout du compte, les victimes elles-mêmes sont très humaines (...)

Alors tant qu'à faire, autant peut-être éviter de ne PAS VOIR, PAS ENTENDRE ou ne RIEN DIRE.
Jusqu'à preuve du contraire, fonction de l'endroit où l'on se trouve localisé géographiquement, le passé n'est à l'heure présente manifestement pas pleinement une leçon.
Et hors, peut-être, des "condamnations" toutes réthoriques, nos dirigeant -en général!- semblent peu (ré)actifs en terme d'action effective.

Quant à rétorquer que le Droit international empêcherait la moindre ingérence; ma foi, cela dépend surtout des intérêts en jeu et, à l'heure actuelle, tant que l'on parle de vies humaines sans profit potentiel, il est presque curieux de voir comme l'horreur peut se prolonger quasiment indéfiniment (...)

Ecrit par : J. | vendredi, 22 février 2008

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