mardi, 19 août 2008
La guerre éternelle.
Cette guerre-là dura mille ans. Loin, très loin de Vieille Terre, une nef d'exploration humaine fut abattue par un appareil hostile, dans la constellation du Taureau. Cet ennemi que nul n'avait jamais vu, on l'appela Tauran. C'est ainsi que l'appel sous les drapeaux commença, et que des soldats partirent. Bientôt, le décalage temporel dû aux modes de transport obéissant à une physique non-Einsteinienne les isolèrent encore plus complètement que la distance de la petite planète bleue dont ils étaient issus. Ils mouraient loin, très loin de Vieille Terre, dans un conflit si éloigné que bien des Terriens se demandaient si la menace qu'ils combattaient existait réellement.
Bien sûr media, partis politiques et lobbies s'affrontèrent à ce sujet. Exploitant ad nauseam les statistiques de pertes humaines pour justifier leur agenda idéologique, mais ne se souciant somme toute que fort peu des hommes et des femmes qui mouraient au loin. La cause était-elle juste? Ou leur sacrifice vain? Défendait-on le monde libre? Étions-nous d'impérialistes va-t-en-guerre? Peu importe, ce qui comptait était de marquer des points à coups de meetings électoraux ou d'éditoriaux enflammés...
À l'heure où l'Histoire repasse les plats, je crois que je vais relire La Guerre Éternelle, le remarquable roman de Joe Haldeman également adapté en BéDé par Marvano.
Joe Haldeman, qui sait de quoi il parle, en vétéran du Viet-Nâm qu'il est. Et qui a cette pudeur, cette absence de jugement et de discours militant de ceux qui savent la futilité de ces choses, face à la vue d'un sac en plastique qui contient les restes de quelqu'un avec qui vous avez plaisanté, partagé vos repas, fumé une cigarette.
Le silence et la pudeur ne sont-ils pas d'or, face à l'absurdité de la guerre?
Oui, sans doute vaut-il mieux que je me replonge dans la lecture douce-amère de ce livre, plutôt que de lire sur la Toile des billets sur la mort des 10 soldats français en Afghanistan. Billets qui, je le sais, me déplairont. Et je ne suis d'ailleurs pas la seule, à lire le dernier billet de Seb de CaRéagit.
Car ce sera le grand théâtre des imbéciles et des charognards. Imbéciles, ceux qui se réveilleront experts auto-proclamés en géostratégie et en politique internationale alors que, comme moi, ils n'y entendent à peu près rien. Mais après 3 minutes chrono passées sur Google (tapez: OTAN, Taliban), ils vous pondront depuis leur tranquille maison européenne de Trifouillis-le-Tromblon une analyse à la noix d'un conflit dont ils ignorent tout.
Charognards, ceux qui sous le parapluie si commode d'une vertueuse indignation, s'empareront des cadavres encore chauds pour vomir leur haine de Sarkozy, de sa politique, ou de l'islamofascisme qu'il y a lieu de combattre à grands coups de guerres fraîches et joyeuses, et que sais-je encore. Ceux-là je les connais, je les ai déjà vu à l'oeuvre. Ils ont déjà la tronche dans le caniveau, cet endroit qui leur sert de réservoir de pensée. Eh bien qu'ils y restent, ils finiront bien un jour par s'y noyer dans leur propre venin.
Ouais, tout ce barnum cynique ne va pas tarder à brailler de concert. Inutile de les rappeler à la décence, ils ignorent tout du concept.
En attendant et comme le dit Toréador, ce soir le téléphone a sonné chez 10 familles, 10 familles pour lesquelles le temps s'est arrêté. Vous tous qui me lisez, que la vie vous préserve à tout jamais d'une telle expérience. Et face à ce genre de chose, un silence respectueux est je pense de rigueur.
Un auteur dont j'ai oublié le nom disait ceci:
Je hais la guerre. Mais je hais plus encore ceux qui en parlent en n'ayant jamais eu le terrible privilège de subir ou d'observer ses effets.
Internecivus raptus.
PS: le sujet de ce billet n'est pas la justesse ou l'injustice de la politique étrangère française. C'est une sorte de minute de silence en mémoire des 10 soldats tombés en Afghanistan, et un commentaire désabusé sur la dégueulasserie de la guerre. Si vous êtes tentés de kidnapper mon billet et d'y faire des commentaires qui me donnent ne fût-ce que la plus petite impression qu'il y a récupération de l'évènement à des fins militantes et idéologiques, je me réserve le droit d'y répondre de manière parfaitement désagréable. Et ayez confiance: mes capacités en la matière sont infinies.
PPS: pour finir sur une note plus légère, je vous recommande réellement La guerre éternelle de Joe Haldeman, tant le roman que son interprétation en BéDé. Un grand moment de la Science-Fiction...de celle qui pose des questions sociétales et politiques tout à fait contemporaines.
22:10 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tombés pour la france, guerre, afghanistan, talibans
lundi, 18 août 2008
Corrigendum au billet précédent.
Oups!
Gaffe, bourde et boulette: comme le fait remarquer un de mes commentateurs, Pierre Le Coz - que je mets vertement en cause dans mon billet précédent - a fait récemment usage de son droit de réponse quant à ses propos concernant le coût des malades à la société, reportés par l'hebdomadaire Le Point. Ce dernier aurait, selon lui, manipulé et sorti ses paroles de leur contexte afin de leur donner un ton sensationnaliste et eugéniste.
J'ignorais ce fait, et il me paraît donc souhaitable de vous inviter à lire la lettre publiée par Pierre Le Coz à la suite de cette polémique. Vous la trouverez ici.
À la lumière de ce droit de réponse, j'avais initialement pensé supprimer le billet « Le travail du Furet à l'intérieur du poulailler ». Cependant, comme il traite également du cas d'une maison de retraite néérlandaise impliquée dans le même genre de polémique, j'ai choisi de laisser le tout en l'état. Hormis ce petit billet/mise au point.
Cela dit, il y a ici une leçon à tirer. Je n'ai personnellement qu'une confiance toute relative en ce qui se dit et s'écrit dans les media, et je veille autant que possible à ne pas paraphraser l'actu sans recoupements et prise de recul. Eh bien, si ce que dit M. Le Coz est vrai, il semblerait que je me sois laisser abuser, pour une fois. Je redoublerai de vigilance et ferai triplement gaffe à l'avenir.
Et à propos, faudrait peut être bien que je vous fasse un billet sur le maljournalisme, un de ces quat' matins..;-)
Internecivus raptus.
17:50 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pierre le coz, droit de réponse, le point, maljournalisme
dimanche, 17 août 2008
Le furet à l'intérieur du poulailler.
L'Hexagone, fin du XXIème siècle.
Selon les statistiques, nos concitoyens ne se sont jamais portés aussi bien. Mais il reste un problème endémique: la surpopulation. Alors, le Gouvernement dézingue 400.000 citoyens par an. Tirés au hasard par l'ordinateur Atropos, de façon tout à fait démocratique et égalitaire, bien entendu. Et ensuite éliminés par les Furets, qui reçoivent chaque jour leur petite liste d'hommes et de femmes à abattre. Un boulot comme un autre, bien payé, logé, nourri et blanchi par l'État.
Sauf que.
Sauf que ce tirage au sort n'est peut être pas si égalitaire que ça, finalement. Sauf que les victimes se retrouvent assez souvent dans les mêmes classes sociales. Et que, par un hasard comique, elles ont toutes une prédisposition à des problèmes de santé. À des pathologies lourdes. Ou bien elles ont des comportements à risque pouvant mener à des problèmes médicaux: drogue, tabac, sexe. Tout des vilains trucs qui coûtent super cher au système de santé.
Quelle imagination, ces auteurs de science-fiction, non?
Europe, début du XXIème siècle.
Les proches des résidents d'une maison de retraite viennent de reçevoir une lettre les informant du fait que « les personnes âgées de plus de 70 ans ne seront plus réanimées le cas échéant, "à moins que quelqu'un n'exprime explicitement le souhait contraire". La réanimation des personnes de plus de 70 ans pourrait sérieusement détériorer leur qualité de vie. »
Traduction pour les mal-comprenants: si t'as plus de 70 ans, que t'as un problème et que t'es seul au monde comme pas mal de pauvres vieux, ou qu'on n'arrive pas à joindre tes proches, eh bien tu peux crever.
Cas isolé? Que nenni. dans le même état d'esprit voici une info trouvée chez CSP, avec qui je suis pour un fois tout à fait d'accord. Un certain Pierre Le Coz, Vice-Président du Comité Consultatif National d'Éthique, déclarait récemment dans un interview à l'hebdo Le Point la chose suivante:
« Aujourd'hui, on est bien obligé d'admettre que, si la santé n'a pas de prix, elle a un coût. Et les médecins doivent désormais tenir compte du prix des médicaments dans leurs décisions. Notre vision va devenir "sacrificielle" : il vaut mieux correctement prendre en charge un père de famille de 40 ans, qui est rentable pour la société, qu'une personne de 80 ans qui n'a plus toute sa tête. C'est évidemment un constat tragique. Mais nous n'avons pas le choix. »
Je vous laisse vous imprégner de ces deux informations. Pensez à vos proches qui ont cet âge-là. Une mère, un père, une tante peut-être? Pour vous c'est un être cher? Pour eux, rien d'autre qu'un manque à gagner dans une colonne de chiffres.
Quant à moi, la première chose qui me vient à l'esprit est la suivante: monde occidental, je te méprise souvent, toi et tes non-valeurs de consumérisme et de rendement. Je suis moyen-orientale moi, et une chose est sûre: nous ne nous débarassons pas de nos vieux quand ils ont "fini de servir". Nous ne les mettons pas dans des mouroirs, qu'ils soient 3 étoiles ou ceux de l'assistance publique. L'idée même nous est répugnante. Ils terminent leurs jours à la maison, entourés de leurs proches, et on fait ce qu'il faut pour cela.
Deuxième constatation, je ne martèlerai jamais assez à quel point je suis individualiste. La plupart des gens ne comprennent pas la signification de ce mot, et l'assimilent à l'égoïsme. Alors que c'est tout le contraire!
Pour l'individualiste, l'individu passe avant tout. Et dès qu'on lui parle d'intérêt général passant avant l'intérêt particulier, d'individu devant être sacrifié au profit de la collectivité, de la raison d'État, de la discipline du Parti et de toutes ces choses vaguement nauséabondes...l'individualiste entend une sonnette d'alarme ténue mais insistante résonner dans son crâne.
Car à l'instant même ou l'individu, l'être humain cesse d'être une valeur centrale, il est en passe de devenir une statistique. Voire d'être expulsé des statistiques s'il devient trop vieux, pas assez rentable, trop coûteux ou que sais-je encore.
Ne pas prescrire de médicaments trop chers à ceux qui ne sont plus "rentables". Ne pas réanimer ceux qui sont trop vieux. Sirènes de l'eugénisme, il en est encore pas mal qui aimeraient se laisser séduire par vos voix...voix qui évoquent des précédents historiques on ne peut plus douteux.
Enfin. J'avais commencé ce billet en parlant de science-fiction, et j'aimerais le terminer en faisant de même. Laissez-moi donc exprimer ce que je souhaiterais pour les cadres de cette maison de retraite hollandaise, et ce Pierre Le Coz. Tout d'abord une paille, pas grand chose, bref un truc qui arrive à un tas de leurs concitoyens: un p'tit cancer, ou une maladie orpheline, un accident qui les cloue dans un fauteuil roulant. Bon, c'est pas sympa, mais je vais me racheter: ensuite, je sors la Delorean DMC-12 Time Machine de « Retour vers le Futur » de mon garage, et je leur offre un petit voyage dans le temps. Je sais exactement quelle année choisir dans le passé, et quel lieu.
Une fois sur place, ces adeptes modernes de l'eugénisme pourront rencontrer des gens partageant leurs vues et leurs valeurs sur la manière dont il y a lieu de gérer les improductifs, ceux qui coûtent du pognon à l'État. Oh des gens très bien voyez-vous, bon niveau d'éducation et tout et tout: médecins, ingénieurs, sociologues. Nul doute que les Pierre Le Coz et consorts pourraient ensuite expérimenter in vivo, en leur qualité de malades inutiles, les solutions préconisées lorsqu'on va jusqu'au bout de ce type de logique. Okay, l'autocar dans lequel on les emmènera en « excursion » sera un petit peu étanche, et le tuyau d'échappement risque d'être un petit peu relié directement à l'intérieur de l'habitacle, mais en dehors de ça la bonne nouvelle est que la mort par intoxication au monoxyde de carbone est relativement indolore. Bon s'ils ont moins de chance, ils expérimenteront la version industrielle, nettement plus productive, optimisée et rentable. Là par contre c'est moins drôle, parole de biochimiste: l'acide cyanydrique en phase gazeuse c'est quand même entre 30 et 60 secondes de convulsions avant l'issue fatale.
Chose que, quand on y pense, est tout ce qu'ils mériteraient. Charité bien ordonnée commence par soi-même, non?
Ben quoi?
Je vous choque?
Si oui, je vais vous dire un truc: faudrait voir à pas mélanger les torchons et les serviettes.
Ne pas réanimer les plus de 70 ans, prendre des décisions médicales en fonction de la rentabilité des individus et non du serment d'Hippocrate, cela ne veut ni plus ni moins dire que si tu es utile à la société c'est OK, mais au moment où tu cesses de l'être tu peux crever. Inutile d'essayer plus longtemps d'échapper au Point Godwin: oui, les gens qui suggèrent cela sont des fascistes. Enfin non, c'est inexact: Mussolini n'a jamais organisé ni cautionné ce genre de chose. Par contre, les Nazis avaient un système bieeen rodé pour s'occuper des improductifs. Ils ont testé un tas d'installations expérimentales avec leurs hadicapés et malades souffrant de pathologies lourdes.
Encore une fois, la réalité dépasse la fiction. Ce que Jean-Pierre Andrevon décrivait dans Le travail du Furet à l'intérieur du poulailler et qu'Aldous Huxley évoquait dans Le Meilleur des Mondes s'inscrit en filigrane dans des déclarations tout à fait contemporaines. Et pourrait bien frapper à nos portes si nous n'y prenons pas garde.
Ce sont peut être les auteurs de Sci-Fi qui ont raison: les fascismes futurs ne seront pas faits de meetings grandioses et d'uniformes clinquants. Ils seront pilotés par une armée de technocrates froids qui aligneront - alignent déjà - des courbes de rentabilité et de profits sur des graphiques. Courbes dans lesquelles l'individu et les valeurs humanistes n'ont aucune place, et ce que l'État se pare d'illusions collectivistes ou d'oripaux qui n'ont de libéral que le nom...
Internecivus raptus
17:44 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note | Tags : eugénisme, qualité de vie, fascisme
samedi, 09 août 2008
Guantanamo show.
Okay, je l'avoue: moi aussi j'ai visité le donjon de la Tour de Londres et le Musée de la Torture d'Amsterdam (il en existe un autre à Prague). Un peu par voyeurisme malsain, admettons-le, même si j'avais l'excuse de suivre des copains qui voulaient y aller. Je dois dire que je n'y suis pas restée longtemps: il y a quelque chose qui me dérangeait bien plus que la vue des objets exposés assortie des explications sur la manière dont ils étaient utilisés.
Le plus déplaisant était la réaction du public présent. Les rires nerveux un peu trop haut perchés. Les visages un peu trop rouges. Les yeux bien trop brillants. Les couples qui se serraient l'un contre l'autre d'une manière qui n'avait pas grand chose à voir avec l'envie de se rassurer. Faut pas croire que les pulsions sadiques et/ou masochistes sont des choses tout à fait marginales, mes p'tits loulous: à voir l'attitude du public présent, il était évident que fantasmer sur la souffrance et la mort, ça leur mettait le feu direct, à tous ces braves gens! Pouah.
Oui, tout cela m'avait donné l'envie de prendre une douche, une douche morale, comme pour me laver du contact de cette excitation malsaine à peine voilée.
Mais dans le genre immonde, il y a moyen d'aller beaucoup plus loin. Bien sûr, voilà des siècles qu'il est illégal d'aller aux arènes voir des types s'entre-massacrer en live et en direct, ou des dissidents religieux et autres condamnés se faire déchiqueter pas des bêtes sauvages. Mais la potentialité est toujours là. Quant à l'évolution des mentalités...laissez-moi en douter. Ce n'est pas parce qu'on a un Blackberry dans sa poche, un GPS dans sa bagnole et un écran plat dans son salon qu'on est civilisé.
Et ça, il y a un gars qui crée des attractions pour le parc de Coney Island à New York qui l'a bien compris.
Il a créé une attraction Guantanamo: pour la somme tout à fait modique d'un dollar, un théâtre réaliste d'automates se met en route, et vous pouvez assister à une reconstitution animée des techniques d'interrogatoire untilsées sur les terroristes présumés détenus à Guantanamo. Entre autres, le waterboarding, variante du supplice de la baignoire.
Alors ça, franchement, c'est merveilleux comme idée, non? Au lieu de se dire qu'il est peut être mieux d'inciter les gens à maîtriser leurs pulsions, de contrôler leur part d'ombre, eh ben non, y a un mec qui a fait un brillant plan marketing pour flatter les tendances les plus sinistres de l'espèce humaine afin de faire du fric avec.
Pardon, excuse, un p'tit instant: je vomis. Après panem et circenses...nunc est degueulandum.


18:54 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : attraction guantanamo, voyeurisme morbide
mercredi, 06 août 2008
Dictature hygiéniste et rage taxatoire.
La nouvelle passe quasi inaperçue dans la torpeur estivale, seulement rythmée dans les blogs par l'imminence de l'ouverture des jeux Olympiques et le décès de Soljenitsyne. Or, comme tout contribuable bien éduqué le sait, il est une entité qui telle le Cronos des temps anciens dévorant ses propres enfants, ne dort absolument jamais et est toujours à l'affût de monnaies sonnantes et trébuchantes afin d'alimenter le gouffre sans fond de ses administratives entrailles.
Oui, la chose est bien connue: dès que Bercy frissonne, le gouvernement nous éternue une taxe.
Bienheureux citoyens, l'État veille sur vous, l'État sait ce qui est bon pour vous, et va agir en conséquence. Pour votre bien, de gré ou de force, crénom!
C'est ainsi que dans le but de lutter contre le surpoids et l'obésité, un rapport a été remis à Mme Bachelot et M. Woerth, respectivement Ministres de la Santé et du Budget, préconisant l'augmentation de la TVA sur "les produits trop gras, trop sucrés, trop salés et qui ne sont pas strictement nécessaires". Mais aussi une hausse des droits d'accises sur les boissons sucrées et/ou alcoolisées.
Si ce projet est adopté, hosannah! Nous assisterons à la naissance de la fiscalité anti-obésité.
C'est pour votre bien, je vous dis! Vous ne voudriez quand même pas, en étant obèses, développer des pathologies qui feront que vous coûterez une fortune à la Sécu, non?
Seulement voilà, trou de la Sécu ou non j'ai un commentaire à adresser aux partisans de ce genre d'initiative:
Cette
Dictature
De l'hygiénisme
Commence
Très sérieusement
À me faire chier!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je suis un être humain adulte et responsable. Si j'ai envie de ne pas faire de sport, de bouffer un Big Mac à chaque repas, de boire des litres de Coca chaque jour, de fumer l'herbe à Nicot, ou l'herbe tout court, de m'empiffrer de sucreries, d'être grosse comme une baleine et de claquer à 50 ans de mon infar, c'est mon problème, à moi et à moi seule, OK?
L'État n'a nulle vocation de venir fourrer son nez dans mon assiette!
Je peux parfaitement comprendre qu'on limite ma vitesse ou qu'on interdise de fumer dans les lieux publics. Dans ces deux cas, un comportement irresponsable de ma part peut mettre en danger la santé voire la vie d'autrui. Mais pour ce qui est de mon garde-manger, je suis seule maîtresse à bord après Gargantua.
Vous allez voir que si ça continue comme çà, dans pas longtemps des technocrates peine-à-jouir vont décréter que s'envoyer en l'air est mauvais pour la santé, chais pas moi, dangereux pour le coeur, et qu'il y a lieu de taxer nos orgasmes. Vous rigolez? Vous ne devriez pas, la notion de pratiques sexuelles mauvaises pour la santé existe déjà. Légende urbaine ou étude sérieuse je ne sais, mais certains gogos en blouse blanche auraient d'ores et déjà décrété que le sexe oral augmente les risques de cancers de la gorge. Alors, à quand la taxation des fellations et autres cunnilingus - à mentionner sur votre déclaration d'impôts?
Bon, je plaisante, mais à peine. Revenons à la TVA et accises sur la "malbouffe". Vous remarquerez la définition des produits potentiellement taxables: "...gras, bla bla...salés, bla bla...qui ne sont pas strictement nécessaires."
C'est donc bien à la notion de plaisir qu'on touche. Le truc diététiquement catastrophique mais qu'il est si bon de grignoter de temps en temps. Mais je ne vais pas philosopher sur la notion de plaisir et d'interdit.
Non, les choses vont plus loin. Dans ce genre de nouvelle finalement anecdotique, que peut-on retrouver, somme toute?
La notion de libre arbitre et de responsabilité.
Assez de cet insupportable État-nounou qui décide en lieu et place des gens de ce qui est bon ou mauvais pour eux. Certes, toute société a besoin de lois et de règlements...mais j'estime que la main de l'État n'a rien à faire dans nos assiettes. Dans nos sociétés occidentales et à l'ère d'internet, diverses données sont accessibles dans un langage simple quant à la manière de s'alimenter de façon équilibrée, et quant aux risques présentés par certains comportements alimentaires. À partir de ça...que chacun bouffe ce qu'il veut en connaissance de cause!
Et pour finir sur une note plus constructive, je tiens à reprendre ici la suggestion de mon ami Falconhill, dans son billet du jour sur le même sujet: à quand une taxe sur la connerie? Voilà une source inépuisable pour remplir les caisses de l'État!
Internecivus raptus.
17:31 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : taxe, fiscalité anti-obésité
vendredi, 18 juillet 2008
Lisbonne ne joue pas aux dés.
Quand j'étais gamine, il fut un temps où j'avais toujours un dé porte-bonheur sur moi. C'était un dé en bois à six faces, peint en rouge, et dont les arêtes laissaient aperçevoir la couleur naturelle du bois à force d'usure. Et un de mes jeux favoris était de m'en servir pour "prédire l'avenir." Le principe était simple: je me posais mentalement une question et lançais le dé. Si le 6 sortait, la réponse à ma question était "oui". Sinon...eh bien c'était "non".
Les questions variaient à l'infini. Maman allait-elle faire du pain perdu pour le goûter? L'instit' allait-elle faire une de ces interros de maths surprise dont elle avait hélàs le secret? Pourrais-je inviter ma copine Valérie ce weekend pour une soirée pyjama/papote entre filles?
Évidemment...il y avait seulement une chance sur six pour que la réponse soit celle que je souhaitais. Cela ne me décourageait pas: avec une mauvaise foi toute juvénile, je relançais le dé, et le relançais encore, jusqu'au moment où le résultat me convenait. Parfois, lorsque le processus prenait trop de temps, je changeais même les règles. Allez, on va dire que si le 6 et le 1 sortent, c'est bon!
J'ai oublié cette anecdote pendant bien longtemps, jusqu'à ce qu'un fait d'actualité ne vienne la faire ressortir des placards de ma mémoire.
Car comme vous le savez, le 13 juin dernier le peuple irlandais disait "non" au Traité de Lisbonne via un référendum. Et ça embête beaucoup un certain Nicolas Sarkozy. Donc, quelle est l'idée? Eh bien faire exactement ce que je faisais il y a 30 ans avec mes dés: suggérer de faire re-voter les Irlandais, tout simplement. Ben oui, quoi! Fichtre et diantre, on ne va quand même pas tenir compte de l'avis de ces faquins qui ont l'outrecuidance de ne pas voter "comme il faut"? C'est qu'ils n'ont rien compris à ce qui est bon pour eux, ces gueux ingrats, alors on va les faire re-voter jusqu'à ce qu'ils disent oui!
Ahh Nicolas, Nicolas, Nicolas.
T'as pas trop l'habitude qu'on n'aille pas dans ton sens, hein. Ca se sent sur ce genre d'incident. Puis entre nous soit dit, c'est pas le respect d'un vote tout à fait démocratique et populaire qui t'étouffe, hein. C'est même pas le respect tout court, d'ailleurs. Quel mépris dans cette suggestion de faire re-voter les Irlandais. Cela veut simplement dire OK, vous vous êtes exprimés, mais votre opinion n'est pas "adéquate". Sous-entendu: vous êtes bien trop cons pour savoir dans quel sens voter.
Ce genre de truc m'exaspère, et pour un tas de raisons. Une d'entre elles est qu'à chaque fois que je me paie Sarkozy, je crains qu'un lecteur de passage ne me confonde avec la soldatesque vigilante qui a fait de la détestation systématique de Sarkozy un dogme et un credo absolus, bien plus proches de l'obsession psychotique que de la critique légitime. Pas envie d'être assimilée à des comportements qui relèvent plus de la psychiatrie que de l'opinion.
Mais c'est pas pour ça qu'il faut tomber dans l'auto-censure non plus. Simple question d'honnêteté intellectuelle.
Internecivus raptus.
P.S.: Il y a bel et bien un dé marqué "Irlande" sur la première photo. À vous de le trouver ;-)
16:02 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : traité de lisbonne, non irlandais, sarkozy
mercredi, 09 juillet 2008
Ségolène, victime éternelle.
Cette semaine, la Toile bruisse d'évènements et de non-évènements qui ne m'intéressent pas vraiment, mais dont je ne peux paradoxalement pas m'empêcher de toucher un mot. C'est le cas pour la libération d'Ingrid Betancourt, pour les futiles guéguerres entre blogueurs et journalistes...et aussi pour la dernière sortie de Sainte Marie-Ségolène de Solférino.
Son affection sans bornes pour les postures victimaires et sa propension à se poser en victime et martyre n'est pas nouvelle, et j'en parlais déjà ici. Quoi de vraiment étonnant alors qu'elle suggère une corrélation entre le récent cambriolage dont elle a été victime, et ses déclarations anti-gouvernementales? Ici, il y a l'avantage de faire d'une pierre deux coups, à savoir renouer avec la posture de vierge et martyre et ressortir du placard je ne sais quelle théorie de la conspiration, où des officines occultes et éminemment sarkozystes téléguideraient d'inquiétantes black ops destinées à faire taire les opposants au régime de l'affreux Vous-Savez-Qui.
Parce que, voyez-vous, il y a un « clan Sarkozy ». Yep, les mots ont un sens, genre Don Vito Sarkorleone en action, jé vais vous faire oune proposition qué vous né pourrez pas refouser! Eh bah ouais, l'entreprise de diabolisation et les procès en fascisme ayant quelque peu fait pschiit, on peut toujours essayer les allusions mafieuses...
La sagesse populaire nous dit que même un âne - fût-il poitevin - ne bute jamais deux fois sur la même pierre. Il serait peut être sage que quelqu'un le dise à Ségolène. Parce que la diabolisation de l'adversaire...ça n'a quand même pas trop bien marché en mai dernier...
Diabolisation, victimisation...franchement, tout ceci a une odeur de réchauffé beaucoup trop prononcée que pour m'inspirer vraiment. D'autres en parlent mieux que moi.
Mais il y a une anecdote qui me revient en mémoire à la vue des gesticulations auxquelles Ségolène Royal se livre pour exister. Elle date du début des années 70, et on y décrit Golda Meir, alors Premier Ministre de l'État d'Israël, en train de dîner avec un ambassadeur dont l'Histoire n'a pas retenu le nom. Peu au fait des habitudes fort peu protocolaires des dirigeants israéliens de l'époque, le diplomate s'étonnait d'aller dîner sans plus de chichis dans un établissement de Tel-Aviv, et s'en ouvrit à Golda Meir. Celle-ci répliqua alors, avec le franc-parler qui lui était coutumier:
« Cessez de vous agiter comme ça, on ne vous prêtera pas attention. Vous n'êtes pas si intéressant! »
Phrase qui aurait pu être écrite pour Ségolène Royal et ses pulsions d'autoflagellation victimaire, non?
Internecivus raptus.
PS: pour continuer dans l'anecdote...Golda Meir fut connue sous le nom de Ichat Barzel, la Dame de Fer. Moshe Dayan disait d'elle était la seule personne du gouvernement à avoir des, euh, testicules. Cette description et ce surnom ne furent également appliqués à Margaret Thatcher que 10 ans plus tard.
18:50 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (11) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, golda meir
jeudi, 03 juillet 2008
Ingrid, guimauve et violons.
SOS, Mayday, sauvez nos âmes! Accrochez-vous à vos bouées, prenez vos cachets de Dramamine et numérotez vos abattis...ça va secouer! Avis de tempête sur les media et la blogosphère: à l'occasion de la libération d'Ingrid Betancourt, c'est une lame de fond, une déferlante, que dis-je: un tsunami de guimauve qui va nous frapper de plein fouet.
Oui, sur fond de violons se répandant en trémolos d'une mièvrerie sans limite, c'est par de la belle et bonne guimauve que nous serons submergés. De la vraie, de la rose bonbon bien écoeurante, à la fois molle et sucrée à outrance. De celle qui colle au dents comme un mastic ignoble, visqueux et sirupeux pendant loooongtemps.
Une orgie de bonheur, une partouze de bons sentiments, depuis l'humble blog aux plus hautes sphères de l'État, il sera absolument impossible d'échapper à la chose. On se devra de s'extasier sur cette libération, de verser une larme sur l'émoi des enfants Betancourt, de s'apitoyer sur les récits des terribles conditions de détention des otages. Car enfin, si on a un tant soit peu de coeur et d'empathie, comment pourrait-il en être autrement?
Seulement voilà, je crains de devoir pourrir l'ambiance. Et c'est sans la moindre gêne et la plus parfaite sérénité que je vous dis en vous regardant bien en face: la libération d'Ingrid Betancourt, pour paraphraser Edith Cresson (autre temps, autre moeurs)...j'en ai rien à cirer. Je m'en tamponne. Je m'en empapaoute. Je m'en étrille le berlingot. En un mot comme en cent, je m'en bats les ovaires.
Tout simplement parce que sa vie ne vaut ni mieux, ni pire que celle des 3000 autres otages prisonniers en Colombie, et qui ne profitent, eux, d'aucune notoriété médiatique. Tout simplement parce que j'ai la plus grande peine du monde à avoir de l'empathie pour les gens faisant acte de connerie manifeste. Et aller se balader sur des routes tenues par les FARC après avoir été avertie du danger encouru...si c'est pas de la bêtise je ne sais pas ce qu'il vous faut.
Et enfin, de façon plus générale, parce que les phénomènes qui ont tendance à devenir des icônes de la bien-pensance me donnent des crises d'allergie. Vous savez, tous ces gens qui s'achètent une bonne conscience en mettant 2 lignes de code sur leur blog, genre "Libérez Ingrid", ou "Tibet Libre" ou "Solidarité avec les moines birmans", histoire de se sentir conscientisés à peu de frais et de jeter à la face du monde "ah mec, ah tu vois, comme moi je suis hyper top conscient de la misère dans le monde, t'vois..."
En général, cette engeance n'a pitié de la misère et du malheur que parce qu'ils sont très, très loin. Si vous leur demandiez de venir faire une après-midi de bénévolat avec vous pour une assoc du coin, ne vous inquiétez pas: ce sera justement le jour où pas de chance, la grand-mère est morte, l'aîné a la varicelle, le chien une bronchite et le perroquet la psittacose, donc désolé mais heu non tu vois, peut être une autre fois hein...
Donc la petite bannière sur le blog, ou l'autocollant sur le pare-chocs de la bagnole, c'est bien. Ca permet de s'acheter une bonne conscience sans se bouger le cul.
Alors voilà...je le sens arriver. C'est une question d'heures...tout le monde va vouloir se sentir un peu impliqué dans la libération de la Betancourt. Et je vous parie des vessies contre autant de lanternes que les petits widgets "Ingrid Libre", avec la photo et tout, vont fleurir sur les blogs a la vitesse d'une poussée d'acné sur un visage adolescent.
Inutile de vous dire que rien qu'à la pensée de devoir me farcir tout ça en plus de l'hagiographie de Sainte Ingrid pendant quelques jours, il me monte des envies clairement homicides. Et je ne crois pas être la seule!
Internecivus raptus.
P.S. Tiens...pour une femme que les media nous décrivaient comme mourante avec force trémolos dans la voix il y a à peine quelques mois, je trouve qu'elle a l'air plutôt en forme Ingrid. Non? De là à penser que certains pisse-copie en rajouteraient une bonne couche dans le dramatique et le larmoyant histoire de faire vendre leurs articles fécaloïdes, il n'y a qu'un pas. Que je franchis sans le moindre complexe.
17:47 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (19) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ingrid betancourt
jeudi, 19 juin 2008
Ensemble et en famille, tout devient possible.
Découvrons les trésors de la langue française:
[ népotisme ]; /ne.pɔ.tizm/; nom masc.
1. [ historique ] Autorité dont ont joui, auprès de certains Papes, leurs neveux et leurs parents.
2. (par extension) Faveur excessive qu'un homme en place montre envers ses parents, ses protégés.
****
Et maintenant, quelques niouzz.
-> Jean Sarkozy, Président du Conseil Général des Hauts-de-Seine (mars 2008) et chef de la section UMP-NC de Neuilly-sur-Seine (juin 2008).
-> La demi-soeur de Carla Bruni-Sarkozy stagiaire à l'Élysée.
Ce qui est reposant avec ce genre d'infos, c'est que je ne dois même pas me fouler à pondre une seule ligne de commentaire. Les faits parlent par eux-mêmes. Sur ce, vous reprendrez bien un verre de démocratie irréprochable, non ?
(Par un hasard comique, le discours de Nicolas Sarkozy sur la démocratie irréprochable fut prononcé il y a environ un an à...Épinal. Gageons que le concept même de démocratie irréprochable commence solidement à ressembler à une image d'Épinal, justement...)
Internecivus raptus.
12:20 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : népotisme, jean sarkozy, carla bruni
mercredi, 18 juin 2008
Bashar El Assad à Paris, au grand dam des hurleurs habituels.
Il y a une chose sur laquelle vous pouvez toujours compter: la faculté inépuisable qu'ont certains de considérer les faits d'actualité par le petit bout de la lorgnette, et de les sortir de leur contexte afin de les faire rentrer, de gré ou de force, dans le moule qu'ils ont décidé d'utiliser. Exemple.
Les faits: quelques jours avant le 14 juillet, une tripotée de chefs d'États étrangers seront présents à Paris dans le cadre de discussions touchant au projet de machin inutile d'Union des pays de la Méditerranée cher au Président Sarkozy. Parmi les pays méditerranéens concernés se trouvent Israël et la Syrie.
Histoire de vous rafraîchir un tantinet la mémoire, ces deux pays sont théoriquement en état de conflit armé l'un avec l'autre depuis 1948. Aucune armistice, aucun accord de paix n'a jamais été signé. Il ne s'agit pas d'un état de guerre ouverte - quoi qu'il se passe beaucoup de trucs pas sympas par forces paramilitaires, guérillas et milices interposées, le tout téléguidé en loucedé par les uns comme par les autres. Toujours est-il que jusqu'a il y a peu, Israël et la Syrie se regardaient en chiens de faïence (prêts à mordre, faïence ou non) de part et d'autre des hauteurs du Golan.
Faut dire que le père El Assad, Hafez de son p'tit nom, c'était pas un rigolo, comme mec. Enfin comme mec, je sais pas, mais comme président en tout cas. Tandis que le fiston qui a pris sa place à la présidence syrienne, il est un petit peu plus décoincé. Toujours est-il qu'il a fini par se dire, ainsi que son homologue israélien le premier ministre Ehud Olmert, qu 60 ans de conneries çà commençait à bien faire, et qu'il faudrait bien qu'un beau jour on se cause. Les premiers contacts, très discrets, ont eu lieu en mai 2008 via la Turquie. Faut bien commencer quelque part.
Et c'est là dessus que, fort de ces premiers contacts, le premier ministre israélien a fait savoir au Président Sarkozy que, vu qu'il serait à Paris les 12 et 13 juillet et que Bashar El Assad aussi, ce serait peut être bien de parvenir à discuter le bout de gras face-à-face, sous "patronage" français.
Si je vous raconte tout ce laïus, ce n'est pas pour écrire un billet sur le conflit israélo-arabe. Ce n'est même pas le sujet principal de cette note. Je voulais juste expliquer le contexte, et les enjeux. Des négociations de paix. Une paille, quoi.
Mais quelle est la seule chose qu'on entend, à quelques exceptions près? Le coeur des pleureuses et autres adeptes effarouchés du "je lave plus blanc que blanc". Le scandale du dictateur syrien invité d'honneur du 14 juillet. La Patrie des droidlhôm qui a une fois de plus failli.
Passons sur le fait qu'El Assad ne soit pas pas invité d'honneur: c'est Ban Ki Moon, le Secrétaire Général des Nations Unies, qui s'y colle. Et sur le fait qu'il ne sera pas le seul chef d'État présent, puisqu'il y en aura une quarantaine. De toute manière, Bashar El Assad était en son temps reçu par Chirac. Je ne crois pas me souvenir que çà emmerdait grand monde à l'époque.
Bref, çà gueule. Peu importe si, à travers ce genre d'initiative (même si elle désormais beaucoup plus incertaine que ce qui était annoncé en début de semaine), un bénéfice considérable pourrait revenir à la France en tant que médiateur privilégié de négociations de paix entre deux pays qui se tapent dessus depuis plus d'un demi-siècle. Et que le poids potentiel en vie humaines sauvées vaut bien une invitation.
Mais cela, le choeur des pleureuses indignées ne le voit pas. Ou ne veut pas le voir, et se régale du plaisir toujours renouvelé et jamais émoussé de taper sur Sarko just for the sake of it.
Internecivus raptus.
17:18 Publié dans Café du Commerce. | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bashar el assad, ehud olmert, syrie, israël, 14 juillet, sarkozy




